Pour un futur désirable, habiter la terre autrement. Conclusions de la semaine sociale du MOC
L’intitulé de nos deux journées disait: «Pour un futur désirable, habitez la Terre autrement. » La Terre, aujourd’hui, est blessée. Le désastre écologique en cours nous entraîne, sans retour, vers un monde déréglé. Un monde où il faut déjà composer, selon les régions et les saisons, tantôt avec des canicules, des incendies, la soif, tantôt avec des pluies torrentielles, des tempêtes et des zoonoses inédites.
Discours D’ariane Estenne (présidente du MOC)
Un monde où l’intensité comme la fréquence de ces dérèglements sont imprévisibles. Et leurs conséquences ? Encore plus ingérables, encore plus inégalitaires. Ce désastre climatique fracture, divise, sépare. Il creuse une faille : des bulles climatisées pour les plus riches, tandis que pour tous les autres, l’air est devenu irrespirable.
Et n’oublions jamais, la sixième extinction de masse est déjà en cours. 60 % du vivant disparu en 50 ans.
Comme le disait Édouard Glissant: «Ce que nous faisons à la Terre, nous le faisons à nousmêmes.» Et par là, ce que nous infligeons au climat, nous l’infligeons aux plus précaires, aux personnes les plus exposées, dans nos villes comme dans les Suds.
Dans ce contexte, ces deux journées de Semaine sociale visaient à mettre en lumière les résistances, les expérimentations, les formes nouvelles d’habitabilité. Je vais construire mon message autour d’un point d’ancrage : l’hypothèse d’un réveil. Un réveil qui, partant des menaces, appelle des alliances.
Une phase de réveil s’ouvre, après une longue léthargie. Notre monde semble gouverné par la peur. L’agenda politique est devenu un agenda de panique : la guerre imminente et le réarmement massif, le « scénario à la grecque », les
croquemitaines de la drogue, la surinflation et ce dernier cadeau de Pâques, cet accord fédéral indécent.
Mais la peur ne peut être notre boussole. Elle engourdit. Elle anesthésie le sens. C’est pourquoi nous avons la responsabilité de lui opposer une pensée et des actes qui respirent. C’est pourquoi nous rappelons qu’un réveil se dessine. En Belgique comme ailleurs, ça bouge !
S’éveiller, c’est voir les menaces qui nous font face. C’est les nommer et les comprendre afin de les affronter. Quelles sont ces menaces? La menace écologique, la menace militaire, la mise à mal de l’État social et de l’État de droit, la persécution des minorités, les discriminations racistes, sexistes, le déni des génocides en cours, et l’impuissance du droit international.